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DOSSIER ÉDUCATION / École sénégalaise en panne, les remèdes du mal

« Cet article a été écrit en décembre 2012 et est publié ici in extenso, sans aucune mise à jour. L’actualité de la thématique et du traitement qui en est fait sont toujours aussi saillants, surtout après les résultats catastrophiques aux examens du CFEE(1), du BFEM(2) et du BAC ou encore la manifestation de la violence au sein des établissements d’enseignement comme ce fût le cas lors de la visite de l’université Cheikh Anta Diop par Président Macky Sall le 31 juillet 2015.

Si l’État du Sénégal prenait le temps de comptabiliser les investissements consentis en chaîne sur un élève depuis les cours d’initiation (CI) en primaire jusqu’en classe de terminale (enseignants, ressources pédagogiques, coût de la construction et de l’exploitation des bâtiments d’enseignement, médecine scolaire, transport scolaire,  assurances, etc.), elle réaliserait l’étendu du gâchis dont il est responsable et  saisirait l’urgence de la situation. Aujourd’hui, l’État investit à perte sur ses ressources humaines et continue allègrement sur sa lancée presque en toute quiétude. A ce rythme, il y a peu d’incertitude quant à l’avenir de la nation dont les élèves actuels sont les futurs dépositaires.

L’échec gigantesque et durable qui est confirmé d’année en année aux différents examens ne peut se satisfaire d’explications paramétriques sur le dos de parents démissionnaires ou d’enseignants démotivés. Les raisons sont systémiques et appellent à une prise de conscience réelle et un traitement articulé de la question à l’inverse des nombreuses commissions organisées par niveau d’étude ou autres découpages catégoriels, procédé qui ignore que l’enseignement est une chaîne et que les solutions à ses maux ne peut être qu’intégrées et intégrales. »

 

LogoSAESLe Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) présentait en décembre 2012, sa proposition de rendre sélective l’entrée à l’université pour les détenteurs du baccalauréat sénégalais. Il y était question de conditionner l’entrée à l’université à un test et les raisons qui ont été données sont le nombre croissant de bacheliers qui serait passé entre 2001 et 2012, de 26.973 à 89.603. Cette hausse est consécutive toujours d’après le rapport cité par le journal sénégalais Le Soleil» dans sa livraison du 18 décembre 2012, à une faiblesse du niveau global des étudiants dont seuls 43,4% obtiennent la maîtrise au bout de 9 ans d’université. Cette tendance est imputée d’après le rapport à « une surveillance généralement défaillante, des repêchages à des seuils inacceptables, des livrets tricotés« .

En quoi la proposition du SAES est mal avisée ?

Aux conclusions du rapport qui propose une barrière à l’accès à l’université, il est possible d’objecter plusieurs réserves ; mais d’abord par souci d’honnêteté (il s’agit probablement d’une omission involontaire du journaliste ou du rapport), il semble important de mettre en face de la croissance du nombre de bachelier, l’augmentation de la capacité d’accueil des structures éducatives. En effet, il y a eu après l’alternance politique de 2000, la création d’universités régionales ainsi que l’ouverture de nombreuses écoles et cursus diplômants dans le privé, même si leur capacité d’accueil ne compense pas intégralement l’augmentation du nombre de bachelier. Entre 2007 et 2008 par exemple, le secteur privé absorbait 23.318 sur 91.359 étudiants de l’enseignement supérieur, soit plus de 25% des effectifs (MESCURU/DES annuaire statistique nationale).

Une fois cette mise au point faite, il faudra ensuite reconnaître que le rapport a raison sur le constat et qu’en l’état actuel, l’absorption du nombre de bachelier par l’université relève de la quadrature du cercle. L’État a dû, sur les dernières années, prendre financièrement en charge la scolarité des étudiants non orientés dans les établissements publics. Passé ce constat liminaire, il est aisé de remarquer que la solution de créer une barrière à l’entrée de l’université a comme implication première, l’élitisme de l’enseignement dans un pays qui compte plus de 50% d’analphabètes et moins de 100.000 étudiants (ce qui représente moins de 2% de la population). En d’autres termes, pour 100.000 habitants, le Sénégal compte moins de 950 étudiants quand dans les pays développés, on en compte plus de 3000 (6.000 étudiants au Canada par exemple).

Le contexte de notre pays qui a besoin de ressources humaines compétentes pour se développer devrait suffire de nous convaincre que la solution proposée n’est pas la plus adaptée. Le principal reproche qu’on peut faire à ce rapport est de proposer des solutions paramétriques au lieu d’une approche systémique devant le problème global que représente l’Education. En effet, la principale variable d’ajustement sur laquelle les auteurs du rapport proposent d’agir est l’accès à l’université, comme si les élèves ont attendu d’avoir le baccalauréat pour avoir un déficit de niveau. L’enseignement est une chaîne dont tous les maillons sont importants. Les solutions proposées doivent donc nécessairement être profondes et s’attaquer au problème depuis la racine et tout le long de la tige pour espérer récolter des fleurs et des fruits de qualité. Un rapport de 2011 de la Direction de la Planification et de la Réforme de l’Education (DPRE) constatait déjà qu’en 2010, sur 123 élèves du CI, seuls 14 étaient parvenus jusqu’en terminale…

En 2011, seuls 66,5% des élèves inscrits au primaire ont achevé leur cycle quand l’Etat fixe les objectifs de ce taux d’achèvement du primaire à 95% pour 2015. On pourra aussi pour témoigner du niveau d’instruction au Sénégal, évoquer ce taux brut de scolarisation (TBS) pour le niveau secondaire qui était de 21,7% en 2011 ou constater que seul 1 adulte sur 10 a terminé son premier cycle (collège). En France par exemple, presque tous les jeunes arrivent au terme de l’enseignement moyen (collège) et 70 % accèdent au niveau du baccalauréat (source : Etat de l’école n°18, oct. 2008 – Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance)

Cependant au-delà de ces considérations, la conséquence inéluctable d’une telle proposition est de mettre sur le carreau tous ceux qui échoueront au test d’accès à l’université et qui devront donc à l’état actuel des possibilités recourir à l’enseignement privé pour se construire un avenir. Une telle mesure conforte le déterminisme social : il faut être riche pour accéder aux études supérieures ou de qualité. Un autre aspect discutable dans cette proposition et non des moindres concerne l’aspect organisationnel d’un tel dispositif. Les perturbations scolaires empêchent déjà un déroulement normal d’une année universitaire. Il est dans ce contexte déraisonnable de créer une date supplémentaire qu’il faudra insérer dans le calendrier académique sans parler des incidences logistiques et financières pour satisfaire une telle proposition.

De plus, cette proposition qui arrive sans anticipation ni prise en compte dans les cycles de formation antérieurs sonne comme une sanction qui prend les élèves au dépourvu en leur ôtant brutalement, la seule possibilité pour laquelle l’école sénégalaise les a malheureusement préparé pour valoriser la formation initiale au détriment des formations continues techniques et professionnelles.

Quelques pistes pour recréer l’école sénégalaise

Les solutions aux problèmes de l’Education au Sénégal doivent être globales et intégrer un ensemble de paramètres que nous évoquons ci-après sans prétention d’exhaustivité.

etudiantnoirRôle et identité de l’école

Il convient TOUT D’ABORD de définir le rôle de l’école par rapport aux notions de savoir, de savoir-faire et de savoir être et préciser en prolongement de ce prologue les objectifs qui lui sont assignés. Cette définition est importante car orientera les choix d’éducation en matière qualitative et quantitative.

Souhaitons-nous obtenir en bout de chaîne des citoyens simplement riches de savoir ou plutôt des professionnels riches de savoir-faire ? C’est par rapport à ces objectifs et en phase avec le projet de société que se dessinera un projet d’Education dont l’éventail couvrira du cycle primaire (voire le préscolaire) aux études supérieures en intégrant les conditions d’accès à l’éducation (avec les dimensions genre et handicap), les besoins logistiques, la place du numérique, les stratégies d’orientation, la définition des programmes d’enseignement et des projets pédagogiques et donc des besoins en formation des enseignants pour véhiculer ces savoirs…

Cette question de la définition des objectifs de notre système d’éducation est également liée à la question de leur identité. Tout en s’inscrivant dans une perspective universelle qui nous dicte de voir ce qui se fait de bien partout pour l’adapter si possible (et besoin) à notre contexte, nos universités doivent êtres des acteurs locaux et porter nos valeurs nationales. Cette affirmation de soi sera aussi un gage de la reconnaissance et de singularisation de nos universités par rapport aux autres. Qu’est-ce qui rend une université sénégalaise tout en s’inscrivant dans l’universel ? De la connaissance et de la conscience de notre moi, découlera la construction consciente de l’École que nous aurons choisie de construire et non que l’on aura choisi à notre place. On pourrait se demander en quoi la question identitaire est importante pour notre École ? La réponse à cette question se trouve dans l’observation de notre mode d’administration publique, de notre système judiciaire, de notre modèle parlementaire,… qui nous conduit à la conclusion évidente qu’ils ont été pensés en « Français » (il s’agit du pays et non de la langue). Une illustration anecdotique (mais qui en dit long ) de cette aliénation s’observe chez nos diplômés du public comme du privé qui s’habillent de plus en plus de la toge traditionnelle européenne ou américaine comme s’il ne nous était pas loisible de choisir une tenue d’inspiration locale qui s’appuierait sur nos identités réconciliées pour se positionner sur le spectre de l’universel. Nos lois sont cousues avec le même fils qui a tissé la robe de nos avocats et de nos magistrats. L’histoire nous a épargné la colonisation anglaise ; autrement, nos magistrats aborderaient la perruque blonde des sujets de sa majesté.

Pour avoir une gouvernance d’inspiration locale, un développement tourné vers nos propres intérêts, il faudrait d’abord connaître notre propre identité pour former nos futurs cadres d’une façon utile qui s’inspire en plus de nos réalités et de nos besoins locaux.

Un Sénégal qui se conjugue au futur a besoin d’ingénieurs, de médecins, de chercheurs, d’artisans qualifiés, de techniciens… pour aménager ses villes, construire ses routes, nourrir et soigner sa population, régler les questions d’inondation, d’autosuffisance énergétique grâce notamment aux énergies alternatives, trouver des solutions durables pour la gestion de ses déchets, la sauvegarde de son cadre de vie,… Ce gisement d’emploi est édifiant et pourtant sa traduction en action tarde encore à venir. En 2011 par exemple, on comptait juste 37.516 élèves au Sénégal dans la Formation Technique et Professionnelle dont seulement 20,2% dans la filière technique (Source : Annuaire Statistique de la formation professionnelle et technique, 2011).

Seule une analyse profonde et objective permettra de cerner l’intégralité du problème et les moyens nécessaires pour y faire face. Il faudra dépasser les constats béats pour passer aux solutions opérationnelles. Cela se traduit par exemple par les corrections des insuffisances induites par les plans d’ajustement structurels, lesquelles corrections passeront par la mise à niveau des enseignants après une identification objective des lacunes. En 2010, il y avait dans l’enseignement primaire 15,1% d’enseignants volontaires, 19,6% de contractuels et seuls 34% de fonctionnaires. On pourrait préciser que 56,1% de ces enseignants sont titulaires du BFEM contre 41,3% du bac, même si cette donnée est à interpréter avec nuance (Source : Annuaire statistique National, Scolaire  – 2011). Cependant ce qu’il faut retenir au-delà des chiffres et des déclarations diverses est que c’est une chose de constater les insuffisances de la formation d’une partie de nos enseignants, c’en est une autre de les corriger.

En 2001, le panel d’entreprises consultées par le ministère de l’Education s’est prononcé à 76% pour dénoncer l’inadéquation des parcours à leurs besoins (Ministère de l’Éducation / CIME, 2001, Premier Schéma Directeur d’Informatisation de l’Éducation, Plan Directeur Informatique 2001–2003). Ce n’est pas par hasard que la fac sénégalaise est fort caustiquement siglée Formation Accélérée des Chômeurs quoiqu’en guise d’accélération, cette célérité est fort ironique vu le nombre d’année qu’y passent les étudiants. Un recadrage des objectifs et une redéfinition du projet de l’école pourrait raviver la foi en l’école sénégalaise et contribuer à la lutte contre les décrochages scolaires et les redoublements qui coûtent assez cher et embouteillent les structures d’enseignement, surtout avec le taux de croissance démographique qui atteint 2,7%, soit un peu plus de 900 personnes de plus par jour.

Par ailleurs, il est intéressant de relever cette information assez édifiante quant à notre besoin national en formation : 71% de la population sénégalaise a moins de 30 ans.

Pour de nouveaux moyens de financement et une meilleure allocation des ressources budgétaires de l’Ecole

Merch15La question des moyens doit aussi être posée parmi les problèmes que rencontre l’éducation au Sénégal. L’éducation n’a peut-être pas de prix, mais elle a un coût. Aujourd’hui, c’est l’État qui finance presque entièrement le budget des universités. Cette situation n’est pas tenable et il convient donc de trouver rapidement d’autres sources de financement plus innovantes.

En 2011, d’après l’Annuaire Statistique – Scolaire, le Sénégal comptait 8.529 établissements primaires, 1.373 établissements d’enseignement moyen et 379 structures dispensant un enseignement secondaire. Il est intéressant de remarquer l’évolution de la part des établissements privés au fil du cursus qui passe respectivement pour ces trois cycles d’enseignement de 15,7%, à 34% pour atteindre 58,8%. Dans le cas particulier de l’enseignement professionnel et technique, cette part du privé atteint 64,2%. La sélection est donc opérée naturellement par les ressources. En 2010, l’État consacrait 385,056 milliards à l’éducation, soit 6,04% de son PIB, ce qui correspond aux standards de l’UNESCO qui fixe cette part des dépenses publiques à 6%. Cependant le double constat qui s’opère est que ces sommes pourtant conséquentes sont non seulement insuffisantes mais aussi parfois mal utilisées même s’il faut reconnaître l’effort d’investissement réalisé depuis 2001 par les gouvernements successifs. La répartition de ces dépenses en 2009 consacrait 42% au primaire et 20% à l’enseignement supérieur, le reste réparti entre les collèges, lycées généraux et formation techniques et professionnelle.

Il convient donc de faire les meilleurs choix de dépense et de trouver des ressources additionnelles pour financer l’éducation sénégalaise. L’enseignement professionnel et technique par exemple compte à peine 38.000 élèves pour 9,1% du budget de l’éducation. Ce choix de reléguer cette option professionnalisante (du reste, réservée prioritairement à tord aux élèves à parcours scolaires accidentés) au second plan ne plaide pas en faveur de l’employabilité des apprenants. Nous devons encourager la formation professionnelle et l’apprentissage pour rendre les apprenants opérationnels dans les métiers de leur choix. Dans un pays comme la Suisse, un élève sur deux âgé de 15 à 19 est en apprentissage et le taux de chômage y dépasse à peine 4%. La formation continue s’avère donc tout aussi importante que la formation initiale et devrait permettre à un bachelier en plomberie par exemple, de pouvoir à un moment donné de sa carrière professionnelle, poursuivre un cycle d’ingénieur en hydraulique, en aéraulique,…

Pour en revenir aux choix budgétaires à opérer, la mesure proposée par l’ancien président Abdoulaye Wade d’attribuer des bourses à tous les étudiants n’a pas semblé être une bonne option. Nous n’avons pas les moyens de supporter un tel choix. Aujourd’hui, le budget de l’éducation nationale sert surtout à payer les salaires des enseignants et du personnel administratif ainsi que les bourses des étudiants. L’investissement et la recherche y tiennent une part anecdotique.

Merch16Nous avons besoin, pour répondre aux objectifs d’un pays qui veut émerger, de construire des laboratoires de nouvelle génération (pour ne pas dire des laboratoires tout court), d’équiper nos bibliothèques, de renforcer nos capacités pédagogiques… Il faudrait remettre le mérite au centre des critères d’attribution des bourses. Il y’aura bien sûr des critères sociaux comme c’était le cas avant l’entrée en vigueur de cette mesure. Ils peuvent être réajustés pour cadrer avec le contexte actuel en veillant à la justice et à l’équité sociale. Cependant, tout le monde ne peut pas avoir une bourse d’étude ; ce n’est pas raisonnable.

Cette proposition ne sera pas populaire, surtout auprès des étudiants. Mais on ne développe pas un pays sur le terreau des populismes quels qu’ils soient. Il faudra regarder les choses sous le prisme de l’intérêt collectif pour ne pas en faire une question personnelle. Il y va de la survie du système éducatif. Encore une fois, l’éducation n’a certes pas de prix, mais elle a un coût qu’on ne peut hélas pas ignorer. L’application de cette mesure a été l’objet des tensions qui ont secoué l’école sénégalaise ces deux dernières années quand le nouveau gouvernement a voulu faire machine arrière.

Remarquons par exemple que seuls 36,4% des écoles primaires sénégalaises sont fournies en électricité et que moins de 60% de ces écoles disposent d’eau ou de toilettes ; qu’au primaire, il y a en moyenne nationale suivant les classes moins de 2 livres par élève dans les meilleures situations et demandons-nous où est l’urgence entre la satisfaction des besoins primaires collectifs et celle des besoins individuels. Que dire par ailleurs sur le fait que 56% des écoles primaires dispensaient un cycle d’enseignement incomplet en 2011, sachant que cette situation contribue entre autres conséquences à l’abandon précoce des élèves du fait de l’impossibilité de redoubler.

Le partenariat Education/Entreprise doit commencer assez tôt dans la scolarité et permettre par exemple de systématiser les visites d’entreprises depuis le collège déjà pour familiariser l’élève avec le monde du travail qui sera sien au terme de ses études. L’université quant à elle doit renforcer sa collaboration avec les entreprises pour trouver des solutions de financement, mais aussi des systèmes de partenariat en termes d’équipement (laboratoires partagés, coachât, groupement de commande…) et de projets à orientation opérationnelle en plus de la recherche fondamentale. C’est au prix de ces échanges que les entreprises et les universités sénégalaises pourront multiplier les publications scientifiques, déposer des brevets d’invention, ce qui renforcera leur capacité d’autofinancement et contribuera au développement du Sénégal et au rayonnement de ses universités. Beaucoup de nos chercheurs officient dans les laboratoires européens et américains, confortant ainsi l’avance de ces pays sur le nôtre. La R&D dans les entreprises commence dans les universités et les instituts de recherche.

Par ailleurs, la logique de rationalisation des moyens nous pousse naturellement à nous interroger devant ce choix dichotomique : est-il judicieux que chaque collège ou lycée dispose systématiquement de son propre laboratoire de sciences naturelles, de physique, de chimie etc. ou faut-il réfléchir à des structures partagées et bien équipées à l’échelle communale ou régionale ? Les pouvoirs publics gagneraient à choisir cette seconde option qui a prévalu pendant des années (blocs scientifiques) et qui leur permettra d’optimiser les financements attribués à ce poste, qu’il s’agisse des dépenses d’investissement ou des dépenses de fonctionnement. Les collectivités locales pourraient par exemple être mises à contribution par la mise à disposition de locaux et de personnels non enseignant pour la gestion de telles structures, réaffirmant ainsi leur compétence attribuée par la loi de décentralisation qui tarde pour nombre de collectivités à être mise en œuvre.

Une École qui forme des futurs professionnels prêts à l’emploi justifierait la participation du secteur privé et des administrations publiques (locales et d’État) au financement de l’Éducation puisque les produits qui en seront issus serviront leurs intérêts immédiats. Il s’agit là d’un choix politique à faire. Cette taxe  pourrait être proportionnée à des critères pertinents comme le nombre d’employés, le résultat ou le chiffre d’affaires pour les entreprises privées ou le nombre d’habitants pour les collectivités, etc. Certaines entreprises pourraient également contribuer au financement de l’éducation (l’enseignement supérieur ou les lycées techniques professionnels plus particulièrement) par la mise à disposition de professionnels qui pourraient intervenir sur des modules d’enseignement en donnant un paquet d’heures forfaitaires qui pourront par exemple être fiscalement compensées.

Merch1Les universités doivent aussi savoir se vendre et pour cela, le merchandising constitue une source potentielle de revenus supplémentaires. Des vêtements et goodies divers peuvent être imaginés après une étude de marché qui validera ou non la pertinence de cette proposition pour chaque établissement. Les noms et logos UGB, UCAD, UADB, etc. seraient alors déposés comme marque.

 

Les étudiants achètent durant leur scolarité nombre de produits qui pourraient être ciblés, qu’il s’agisse des blouses, des sabots pour les médecins et pharmaciens, des clés usb, etc. (voir annexe.) Ce gisement de besoins monnayables échappe aujourd’hui aux universités et écoles en quête de ressources, établissements qui sont pourtant les créateurs de ces besoins. Ce marché potentiel s’étendrait au-delà même des universités.Merch14

Le sponsoring et le mécénat doivent aussi être explorés avec attention. Aujourd’hui, le mécénat culturel et sportif (musique, danse, lutte,…) rencontre beaucoup de succès. Un travail de communication permettrait de rendre socialement valorisant le mécénat dans l’éducation et attirerait ces bienfaiteurs dans un secteur qui en a bien besoin. Le sponsoring devrait également venir renforcer ces mécanismes de financement. Dans le cadre de la recherche universitaire ou du financement des activités périscolaires, des voyages d’étude et sorties pédagogiques, cet outil semble assez intéressant.

Nous pourrions également réfléchir sur un système de parrainage des élèves par des mécènes nationaux ou de la diaspora qui pourraient attribuer des bourses de fourniture ou financer des cours de soutien scolaire pour des élèves en difficulté. Ce système hors du champ de l’État et s’adressant directement aux familles, pourrait être géré par des associations œuvrant dans l’éducation ou par une cellule domiciliée par exemple au sein même des écoles pour s’assurer que ces moyens serviront effectivement à l’éducation et non aux dépenses de famille. Une plateforme numérique de pourrait être mise en place et permettre aux parrains de suivre à distance l’évolution de leur filleul.

En plus de manquer de structures d’accueil, il y a bien sûr le manque d’enseignants qui alourdit donc leur charge de travail individuel (ratio nombre d’étudiants/enseignant élevé). Il faudra réaliser une batterie d’économies et trouver de nouveaux financements en plus de ceux déjà cités supra. La question du non paiement des jours de grèves doit dans ce sens être rediscutée et mieux appliquée. Mais encore faudrait-il que le défaut de paiement des salaires par l’Etat ne soit pas la cause de la grève.

Plusieurs axes sont proposés quant à l’utilisation des fonds transférés par la diaspora estimés à 699,4 milliards de FCFA en 2011 s’agissant des voies formelles de transfert. Une taxe sur le montant des transferts internationaux pourrait être prélevée et servir à consolider le budget de l’éducation. Contribuer à l’effort de formation permet à chaque immigré de peser sur la construction du Sénégal pour favoriser l’émergence de compétences qui développeront leur pays. Cette action constituerait pour les sénégalais de la diaspora,  non seulement une valorisation personnelle et un sentiment d’utilité nationale, mais confirmerait le rôle de cette « quinzième région » du Sénégal en renforçant son poids national. Ce choix permettrait à long terme non pas de réduire la contribution directe de la diaspora qui est plus importante que l’aide au développement reçue par le Sénégal, mais de l’orienter vers des projets générateurs de revenus pour eux (en chaque expatrié ou presque, sommeille un projet d’entreprise qu’il lui tarde de concrétiser) afin de préparer leur retour le cas échéant, créateurs d’emplois et de richesse pour le pays quand ; car aujourd’hui, une bonne partie de ces ressources envoyées par les émigrés est utilisée pour un soutien familial, pour des événements familiaux, pour la construction de logements et des dépenses d’équipement et de santé.

Merch12Les fondations universitaires restent également des moyens pertinents de partenariat et de collecte de fonds. Les anciens diplômés constituent un gisement de contributeurs potentiels important. L’UCAD a mis en place une structure de ce type qui tarde encore à être réellement opérationnelle.

Par ailleurs, face au problème d’équipement pédagogique des élèves, il faudra réfléchir au niveau de l’édition, à des livres couvrant deux à trois classes pour réduire les dépenses des familles dans le financement de la scolarité des enfants  car ce poste constitue souvent un frein à la scolarisation. Une bourse au livre pourrait également être instituée par les écoles ou les collectivités locales et des partenariats locaux ou nationaux noués avec les papetiers ou les papeteries pour les fournitures scolaires.

Enseignement et collectivités locales

DiagDecentralisation5Il est un autre enjeu important à mettre au centre des orientations stratégiques. Cela concerne le rapprochement entre les universités et les centres de formation ou de recherche avec les collectivités. Cette approche territoriale a pour objectif de mettre concrètement la formation et la recherche au service du développement. Ces structures ne doivent pas être des ovnis urbains avec pour unique objectif la formation d’étudiants, mais elles doivent être concernées par ce qui se passe dans la cité.

De nombreuses décisions impliquant de lourdes conséquences sont très souvent prises sans que les universités ne soient impliquées dans les processus de réflexion. En appui à ces propos, citons le cas de la ville de Saint-Louis qui, pour faire face à ses  problèmes d’inondation, a ouvert une brèche maritime pour délester le trop plein d’eau dans la mer. Le gouvernement du président Wade à l’époque avait fait appel à un expert marocain et sur ses conseils avait pris cette décision qui se révèle aujourd’hui une catastrophe écologique et socio-économique et continue de faire planer un risque sur la ville de Saint-Louis, l’ouvrage continuant son ouverture (de 4 mètres au départ, la brèche fait aujourd’hui plus de 5 km). L’université de Saint-Louis qui a un département de géographie et de mathématiques appliquées aurait dû jouer un rôle majeur avant la prise d’une telle décision.

Merch18La question des Centres Hospitaliers Universitaires est aussi de cet ordre et permettra d’articuler les facultés de médecine aux hôpitaux. D’autres exemples pourront être cités à loisir (agroalimentaire, aménagement,…) pour illustrer la nécessité de cette collaboration entre l’université et les collectivités. En retour, les universités pourraient bénéficier de subventions ou d’autres formes de contribution de la part des collectivités (foncières, logistiques, gestion des déchets ou des bâtiments…) Une politique de décentralisation pragmatique devrait permettre au Sénégal de prétendre à cette collaboration aboutie.

En considérant l’année 2010 pour exemple, le financement de l’éducation se répartissait entre l’Etat (70%), les collectivités locales (17%), les partenaires (12%) et les ménages (1%). Il faudra travailler au rééquilibrage financier en réduisant le part de l’Etat, légitimement le premier contributeur  et en augmentant celle des collectivités, des partenaires et de l’autofinancement. Dans le cas de la France par exemple, un pays qui applique la gestion décentralisée comme le Sénégal, les collectivités locales financent une grande part de l’éducation qui dépasse 40% dans le premier degré avec la prise en charge par les communes du personnel non enseignant ainsi que les dépenses de fonctionnement et d’investissement dans les écoles. En 2010, on constatait que 24,6% des dépenses du système éducatif français étaient financés par les collectivités.

Pour atteindre ce niveau de contribution des collectivités locales, il faudra élargir leurs compétences et donc les dotations de décentralisation, mais aussi renforcer la fiscalité locale et les mécanismes de collecte. La part réservée à l’éducation non formelle devrait également être revue à la hausse pour renforcer les moyens attribués notamment à l’alphabétisation, compétence déjà transférée aux collectivités locales par la loi de 1996.

Les collectivités peuvent aussi jouer un rôle dans l’apprentissage des sciences. Le manque d’enseignants dans certaines disciplines comme les mathématiques est criard. Les collectivités et les académies pourraient par exemple promouvoir des journées scientifiques (sur l’eau, les déchets, l’énergie, les mathématiques, l’hygiène alimentaire,…) où seront valorisées les travaux réalisés en atelier par les élèves, exposés des travaux scientifiques des enseignants et des structures de recherches, présentés des process industriels des entreprises locales dont cette communication publique incitera la contribution pour financer par exemple des laboratoires scientifiques, les projets pédagogiques, octroyer des prix et des bourses d’encouragement. Ce fonctionnement contribuerait à la promotion scientifique, à la connaissance du territoire et de ses besoins mais aussi au renforcement des compétences des collectivités locales en matière d’éducation et de sensibilisation.

Enseignement et syndicats

ConsultationLa question syndicale ne peut être éludée en parlant des problèmes de l’école. Il faudra rationaliser les syndicats et soulever la question de la représentativité, n’en déplaise aux défenseurs des droits syndicaux qui crieront à l’acte liberticide. Nous ne pouvons pas faire l’autruche devant ces questions qui seraient taboues si nous voulons objectivement trouver des solutions sérieuses. Il y a un problème d’atomisation syndicale et on finit par se demander s’il y a tant d’intérêts que cela à défendre ou si la principale victime à protéger ne serait pas simplement l’École sénégalaise parfois otage malgré elle. Cette question concerne aussi bien les syndicats des enseignements que ceux des étudiants. Le constat sans conteste est que l’école est souvent prise en otage par des syndicats, pour des conjectures parfois extrascolaires complètement étrangères à sa mission de base. Il est urgent de dépolitiser de façon factuelle ces syndicats même s’ils le sont en théorie.

Deux notions majeures devraient être placées au centre de cette nouvelle jeunesse des syndicats qui doivent avoir comme credo le patriotisme syndical : l’intérêt collectif et la démocratie. L’Etat à son tour doit également veiller au respect de ses engagements et apprendre à mieux communiquer avec les syndicats d’enseignants et d’étudiants. Son rapport avec les syndicats doit trouver une nouvelle jeunesse qui aura pour socle le sens de la responsabilité politique. Cela suppose une vraie transparence et un dialogue de vérité. L’Etat doit s’engager à anticiper les situations de crise pour les désamorcer en amont au lieu de mettre régulièrement ses interlocuteurs devant le fait accompli pour ensuite difficilement rattraper la situation. C’est le cas notamment dans les retards de paiement des bourses, salaires et indemnités de surveillance et de correction, mais aussi devant des engagements pris en dehors de tout réalisme budgétaire comme pour le cas de la question des logements des enseignants.

Parlant de la démocratie syndicale, la meilleure illustration qui peut être faite de son état est la désignation de ceux qui ne soutiennent pas une grève par le qualificatif de défaillant. Ces derniers s’attirent parfois de façon violente (physique ou verbale), les foudres des grévistes, surtout dans le milieu scolaire. Mais a-t-on le droit d’avoir une opinion différente ou sommes-nous tous condamnés au panurgisme ? Il suffit de regarder les commentaires des articles sur internet pour convenir que la question de la diversité des opinions mérite d’être posée. Le problème de la violence dans l’éducation est particulièrement préoccupant.

Paradoxalement, celle-ci est encore plus vraie à l’université où les heurts se font de plus en plus violents et de plus en plus réguliers dans une escalade croissante. L’âge ne bonifie pas toujours, hélas !) Les bourses, la qualité de la restauration, la question des logements, la gestion des activités périscolaires et périuniversitaires, des considérations religieuses, confrériques,… bref, tout est prétexte pour justifier l’emploi de la violence comme si l’école n’est pas l’antre du dialogue et de l’échange constructif par essence. Et l’on brûle ou immobilise les bus, et l’on saccage les infrastructures universitaires à qui mieux mieux. Parfois on se croirait tout simplement dans les coulisses d’un péplum moderne ou dans l’arène avec des écuries rivales cherchant des raisons de se battre pour libérer leur trop plein d’énergie et l’on imagine d’ici les chefs d’entreprises se demander s’ils vont devoir recruter leurs futurs employés parmi ces gladiateurs d’un autre âge !

Il faut avoir le courage d’exclure des lieux d’Education, ce qui n’en fait pas partie par essence et qui pourrait aller à l’encontre de sa mission première. Nous ne pouvons pas au nom de la liberté, accréditer toute sorte de mouvements au sein de l’université sans les conditionner à des obligations. La gestion des structures para universitaires doit aussi être clarifiée et formalisée pour éviter les conflits que l’on constate concernant les prises de responsabilités, pas toujours désintéressées. Toutes ces actions relèvent du sens des responsabilités.

Rapport entre Enseignants et Élèves

Poignéedemain2Les enseignants ont aussi leur part de responsabilité dans l’échec de notre système éducatif. Cette reste sensible et risque de provoquer des réactions mues par un corporatisme primaire. Toutefois, l’objectif ici n’est point de servir des groupes à la vindicte populaire pour désigner qui a raison et qui a tord, mais d’aborder de façon globale une question qui nous concerne tous, qui engage notre avenir et dont nous sommes collectivement responsables.

Il faut commencer par désacraliser le savoir pour lui donner une dimension plus accessible. Il semble qu’il s’agisse là d’un aspect socioculturel qui crée un complexe de supériorité chez certains enseignants qui, au lieu de voir leurs étudiants comme partenaires dans un système éducatif, les considèrent comme des rivaux. Combien de professeurs n’avons-nous pas entendus nous dire que « pour comprendre les maths, il fallait être intelligent » ou « je ne donne pas plus de 15 en dissertation » comme si leur valorisation personnelle était proportionnelle à l’écart qu’il y avait entre leur savoir (supposé synonyme de l’excellence) et celui des étudiants (en situation d’apprentissage, donc imparfaits).

Aujourd’hui, le savoir est disponible partout, à n’importe quel moment et sous n’importe quel format avec le numérique qui en a démocratisé l’accès. L’enseignant dans ce nouveau paradigme est un passeur, une mission tout aussi gratifiante, dans un système contributif où l’étudiant alimente et enrichit son cours. Il devrait s’adapter pour utiliser au mieux les atouts qu’offrent ces nouvelles technologies et insister sur le savoir-faire et le savoir-être qui sont tout aussi important pour l’insertion professionnelle future. Combien de formules mathématiques, physiques,… n’avons-nous pas appris par cœur au point d’en oublier l’essentiel qui est surtout de savoir quand et comment les utiliser ! Ce reproche est cependant à mettre aussi et surtout au crédit de l’Etat qui décide des programmes et établit les notes de cadrage.

S'orienter2Une autre situation abordée ici et qui reste anecdotique mais pourquoi ne pas en parler puisque l’occasion en est donnée, cela d’autant plus que ce type d’approche ne figurera jamais dans un rapport officiel pour ménager les sensibilités… Certains enseignants utilisent encore les cahiers de cours qu’ils ont préparés il y a plus de 10 ans comme s’ils évoluaient hors du temps. Même l’histoire qui semble immuable a besoin d’être rafraîchie. Cette question rejoint celle de la formation des enseignants le long de leur parcours professionnel afin de garantir leur adaptation aux évolutions diverses.

Par ailleurs, les rapports sociaux entre enseignants et étudiants devraient aussi changer. La violence par ascendant que l’on constate de plus en plus (ou qui est de plus en plus médiatisée suivant les avis) n’est pas acceptable. Des outils devraient être trouvés par les enseignants, l’Etat et les parents d’élèves pour mettre un terme à ces dérives.

La question de la tricherie doit aussi être abordée et faire l’objet de débats ouverts dans les écoles pour déclencher une prise de conscience collective. Plus que l’aspect émotionnel et scandaleux, il y va surtout de la consistance de l’avenir que nous voulons bâtir pour notre pays. Voulons-nous créer un développement basé sur des compétences factices et dont les revers nous reviendront inéluctablement en pleine figure comme un boomerang ou prendrons-nous ce problème à bras le corps pour le supprimer définitivement de l’équation scolaire et bâtir un avenir avec des fondements solides ?

Valorisation sociale dans l’éducation

Merch9D’un point de vue social, il faudra valoriser le statut d’élève et le métier d’enseignant. Il est important que l’élite intellectuelle et les instances dirigeantes insistent sur la nécessité pour nos pays d’avoir des ressources humaines de qualité. Les modèles de réussite sociale qui avant, étaient des enseignants, des chercheurs, des professionnels experts dans leur domaine qui alliaient compétence et vertus sont aujourd’hui remplacés par des chanteurs, des sportifs, des artistes divers. Il faut de tout pour développer un pays et ces acteurs sportifs et culturels font partie de la nation et nous devons respecter et reconnaître leur rôle social, culturel, économique,… Mais leur représentativité doit être proportionnée pour faire place à ce dont le pays à aujourd’hui le plus besoin pour se développer : des acteurs opérationnels du développement.

Les concours généraux ont nourri les rêves de nombre de générations de collégiens et lycéens qui se sont identifiés aux lauréats. Il y a eu l’initiative de « la grande rentrée citoyenne » qui avait fait le pari de présenter à la jeunesse, des modèles de réussite, hommes et femmes de ce pays qui chacun dans son domaine a entretenu les élèves de son parcours. L’effort devrait être renforcé sur la valorisation des personnalités qui travaillent au quotidien pour ce pays dans le dévouement, la discrétion et le sens de l’intérêt général.

Pour finir

Pour revenir sur le problème du nombre de bacheliers devant être orientés, il faudra poursuivre le renforcement des capacités d’accueil des universités et centres universitaires régionaux, multiplier les opportunités d’insertion en repensant les filières, travailler à la professionnalisation des parcours qui permettra des sorties anticipées du circuit de formation pour une insertion professionnelle (tout le monde ne peut – et ne doit – pas faire des études longues), accompagner et encourager l’enseignement privé et mieux l’encadrer juridiquement pour éviter les dérives.

Merch5La décentralisation de l’enseignement public supérieur ne se fera pas systématiquement par la création d’universités régionales. Il faudra imaginer et inventer des structures d’enseignement professionnel moins lourdes à mettre en place et à gérer financièrement et qui pourraient nouer des partenariats avec les industries et instituts de recherche locaux. Il n’est pas pertinent de mettre en place des universités régionales qui seraient juste des enveloppes sans consistance car n’étant pas autonome financièrement et ne disposant pas des exigences minimales pour mériter le statut d’Université. En face de chaque projet d’unité de formation, il faut un projet sécurisation financière pour garantir une formation de qualité et la pérennité de la structure. La question de l’édition et de la communication scientifiques doit également être abordée avec clairvoyance (pertinence nationale, sous-régionale et internationale) pour encourager les publications d’articles et d’ouvrages scientifiques. En plus de la vulgarisation, ces aspects encourageront l’émulation entre chercheurs et participeront de la notoriété des universités sénégalaises.

La question de l’éducation doit être replacée au cœur des enjeux pour un vrai nouveau départ du Sénégal car il n’y a pas d’autres alternatives de développement que par des ressources humaines qualifiées et des hommes politiques pragmatiques et visionnaires. Arrêtons donc de faire l’autruche et attaquons-nous frontalement aux problèmes!!!

 

Yatma DIEYE,

Pdt du Club Upsilon

 

 

(1) CFEE : Certificat de Fin d’Études Élémentaires

(2) BFEM: Brevet de fin d’Études Moyennes

 

*L’article du SAES est disponible à cette adresse:

http://www.seneweb.com/news/Education/universites-le-saes-pour-des-tests-d-rsquo-entree-dans-les-facultes_n_83782.html

 

 

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