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Économie portuaire et aéroportuaire (extrait du livre blanc sur l’emploi)

La position géographique du Sénégal ainsi que sa stabilité renforcent son atout géostratégique au sein du continent africain. En matière portuaire et aéroportuaire, le Sénégal constitue un hub qui relie l’Afrique subsaharienne au reste du continent, à l’Europe et au continent américain. Pour consolider ce potentiel et limiter l’effet de la concurrence des autres pays ouest-africains (Abidjan, Cotonou, Lomé,..), notamment en matière portuaire, le Sénégal devra redéfinir sa politique dans ce domaine. Deux axes stratégiques sont à développer.

  • l’agrandissement et le renforcement des infrastructures et équipements portuaires et aéroportuaires permettra d’augmenter notre capacité de réception et notre niveau de prestation ;
  • la simplification des procédures encouragera les clients potentiels à préférer nos services grâce aux coûts moindres, aux délais maîtrisés et à la réduction des aléas.

L’ouverture prochaine de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) crée une nouvelle donne sur le paysage aéroportuaire. L’AIBD pourra se concentrer sur le transport de passagers, en profitant notamment d’un tourisme boosté, d’une interconnexion régionale et sous-régionale renforcée et d’une offre de services innovants et qualitatifs. Cela donne l’opportunité de faire de l’aéroport LSS, une plateforme économique spécialisée dans le fret aérien. La position géographique de Dakar, à la pointe du continent, constitue un atout logistique probant qui pourra convaincre les acteurs du secteur, qu’il s’agisse des transitaires, des brokers spécialisés dans le fret aérien, des logisticiens nationaux ainsi que des majors comme DHL, UPS, FedEx, etc. Ce pôle logistique pourra être renforcé par la proximité du Port Autonome de Dakar (PAD). L’idée de transformer l’aéroport LSS en centre d’affaire a été lancée par la précédente gouvernance du Sénégal et revient par moment sur le devant de l’actualité. Faire ce choix serait rater l’occasion de renforcer un positionnement sous-régional fort dans le domaine du fret et laisser s’échapper une perspective économique certaine et durable.

Le PAD devra poursuivre la modernisation de ses infrastructures et envisager un projet d’extension qui lui permettront naturellement d’augmenter son niveau d’activités industrialo-portuaire. La plaisance ainsi que les activités navales par exemple représentent de grandes opportunités, surtout que le PAD dispose déjà de certains équipements favorables à ces débouchés. Le port dispose aujourd’hui de 10 km de quai, ce qui constitue un atout de taille dans le secteur. Le Guichet Unique ORBUS a déjà permis à la douane sénégalaise de réaliser des performances remarquables en matière de simplification et fiabilisation des échanges. Il s’agit de poursuivre ces efforts du secteur commercial et douanier dans le domaine de la logistique.

La création massive d’emplois dans le domaine portuaire passera par des ruptures significatives. Les métiers portuaires classiques seront fortement renforcés par des activités industrielles dans le cadre d’un aménagement cohérent. Les 10 ha du port de pêche et les unités industrielles rattachés s’inscrivent dans cette dynamique. Cette logique industrialo-portuaire doit être au cœur de la mutation du PAD et devra être soutenue par une politique foncière en conséquence. L’Etat ne devrait pas laisser l’orientation stratégique aux seules mains des acteurs privés de l’écosystème économique portuaire. Ainsi, les activités navales, les industries chimiques et pétrochimiques, les industries de transformation (poisson, fruits,…) ainsi que la chaîne de services complémentaires, constitueront le pivot qui feront du PAD, un hub ouest-africain majeur cumulant les fonctions de logistique, de production industrielle, de transport de personnes et de plaisance. Cette orientation partiellement appliquée aujourd’hui, laisse encore un champ d’action assez vaste. Les réussites des ports de Tanger, de Rotterdam ou d’Anvers pourront nous inspirer pour augmenter de manière significative, l’activité du port de Dakar et créer par la même occasion des milliers d’emplois durables.

Nombre d’emplois portuaires et aéroportuaires potentiels : entre 15.000 et 30.000

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