Menu +

Extrait du livre blanc pour l’emploi : Sénégal, la révolution numérique

L’économie numérique n’a aujourd’hui pas une résonance significative au Sénégal du fait des faibles niveaux d’infrastructure, d’équipement des ménages et de bancarisation. Ce secteur regorge pourtant d’un large potentiel d’emplois aussi bien dans le hard que dans le soft.

Le gouvernement mise sur les télé-services publics pour créer « des centaines d’emploi ». Des informations plus complètes sur ce dispositif ne sont aujourd’hui pas disponibles. Mais les emplois publics ne constituent pas une réponse durable au chômage. Le potentiel d’emplois numériques au Sénégal est largement supérieur à ces modestes ambitions centrées autour du secteur public. Le secteur privé concentre d’ailleurs les plus grandes potentialités en la matière. Concrètement, il y a pour les entreprises, le développement d’applications mobiles, d’interfaces de programmation (Application Programming Interace – API), l’usage de données en lignes, etc. qui leur permettront d’aller chercher directement de la croissance et d’accroître la performance et le confort de leurs salariés.

Les applications du secteur numérique se déclinent à différents niveaux. Certaines sont destinées aux entreprises, d’autres ont des applications communautaires ou privées. L’État comme les entreprises devront engager leur révolution numérique. Ce passage permettra d’avoir une administration publique beaucoup plus efficace et des entreprises beaucoup plus concurrentielles pour mieux exister dans l’économie moderne.

La mutation de ce secteur passera par quelques préalables. La formation se réaffirme encore une fois comme une nécessité incontournable pour fournir la main d’œuvre qualifiée nécessaire. Il faudra commencer par l’école primaire où les élèves devront se familiariser avec ces concepts numériques comme la programmation, la bureautique, etc. La population dans son ensemble, devra arriver à acquérir un bagage numérique minimum commun (digital litteracy). Cette alphabétisation numérique fera prendre conscience de certains besoins, libérera la créativité et accompagnera la gestation de ce secteur de l’économie numérique qui recèle de nombreux emplois.

Ce mouvement nécessitera un véritable aménagement numérique territorial pour couvrir assez largement le pays et augmenter ainsi, les taux de pénétration d’Internet dans les entreprises et les foyers. Les domaines d’application pour le pays sont nombreux et concernent par exemple, les outils de gestion, de production, de mobilité (e-billet, e-réservation,…), les technologies de l’enseignement (e-learning, MOOC – Cours en ligne massifs et ouverts, SPOC,…), le commerce électronique, les systèmes d’information, la gestion et la sécurisation des données (big data – méga données, data center – centre de traitement des données, cybersécurité, cyberdéfense,…), les applications en support des domaines agro-sylvo-pastoral, la santé mobile (e-santé) ainsi que les nouvelles technologies médicales, l’habitat (smart home – maison intelligente), la gestion de la ville (smart cities – villes intelligentes), l’administration numérique, etc. L’Université Virtuelle du Sénégal s’inscrit dans cette dynamique et devra se montrer à la hauteur de ses ambitions. Le passage prochain à la télévision numérique ouvre également un large spectre de possibilités et créera naturellement de nouvelles opportunités d’emplois, notamment en matière de création de produits audiovisuels.

Une orientation franche vers le numérique permettra au Sénégal de rattraper plus rapidement son retard économique et technologique par rapport aux économies occidentales, qui n’ont disposé de ces outils qu’après avoir emprunté d’autres voies plus sinueuses. La création de contenus numériques devra être fortement encouragée avec notamment une politique tarifaire et une communication volontaristes sur les noms de domaine nationaux. C’est à cette seule manière que le Sénégal inversera sa courbe de consommation d’Internet pour se positionner comme producteur de contenus numérique et non comme simple consommateur. Aujourd’hui, il faut environ 30.000 FCFA pour créer un site en « .sn ». Certains pays comme le Mali par exemple, proposent des enregistrements gratuits des noms de domaine nationaux (.ml). Ce genre d’initiative devrait nous inspirer. La pénétration du téléphone portable dans les foyers illustre à suffisance, la capacité d’adaptation de nos populations à ces nouvelles technologies, qu’elles soient scolarisées ou non.

Nombre d’emplois numériques potentiels : entre 150.000 et 250.000

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

(Spamcheck Enabled)