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Livre blanc pour l’emploi (Première partie)

EmploiAnnoncesParmi les promesses faites par l’ex-candidat et désormais président de la république Monsieur Macky Sall, l’emploi constitue un point focal. Cette préoccupation permanente des sénégalais a longtemps été  négligée par les politiques publiques en ne constituant qu’une conséquence et non pas un objectif, et n’a que rarement fait l’objet d’engagements francs. En promettant de créer 500.000 emplois dans un Sénégal à la citoyenneté de plus en plus active, le président Macky Sall s’est mis à l’épreuve en impulsant une tournure méthodologique  importante, notamment en matière de reddition des comptes. Cet engagement courageux a l’avantage, pour les citoyens, de constituer un élément de repère chiffré, opposable au président. Toutefois, entre la promesse et sa mise en œuvre, s’étale un océan de contingences que seuls, la vision, l’audace et l’efficacité dans l’action, permettront de traverser

L’Agence Nationale de Démographie et de la Statistique (ANSD) évaluait la population active de plus de 15 ans à 7.299.215 en 2010 avec un surplus annuel de 202.000 nouveaux demandeurs d’emplois en moyenne. L’urgence de la situation ne souffre plus de discussion et il est devenu impératif de trouver des solutions rapides à cette crise profonde. Soulignons que dans notre contexte délétère où les politiques s’illustrent plus par le discours que par l’action, l’ambition est grande, de créer 500.000 emplois, même si elle reste en deçà de l’exigence de la situation.armi les promesses faites par l’ex-candidat et désormais président de la république Monsieur Macky Sall, l’emploi constitue un point focal. Cette préoccupation permanente des sénégalais a longtemps été  négligée par les politiques publiques en ne constituant qu’une conséquence et non pas un objectif, et n’a que rarement fait l’objet d’engagements francs. En promettant de créer 500.000 emplois dans un Sénégal à la citoyenneté de plus en plus active, le président Macky Sall s’est mis à l’épreuve en impulsant une tournure méthodologique  importante, notamment en matière de reddition des comptes. Cet engagement courageux a l’avantage, pour les citoyens, de constituer un élément de repère chiffré, opposable au président. Toutefois, entre la promesse et sa mise en œuvre, s’étale un océan de contingences que seuls, la vision, l’audace et l’efficacité dans l’action, permettront de traverser.

Pour parvenir à cet objectif, le gouvernement sénégalais mise sur l’agriculture comme locomotive d’emploi. Il envisage également de mettre à contribution la sécurité (hors forces républicaines) avec la création prévue de 10.000 emplois. Cependant, il nous semble important comme préalable, de reconsidérer notre approche de l’emploi pour résoudre durablement cette question. Le Club Upsilon prend le pari de soumettre quelques orientations qui, combinées aux stratégies existantes, pourraient dynamiser la création d’emplois.

Quelques préalables sémantiques

Il est important de passer par des préalables sémantiques pour bien situer le cadre et éviter certaines confusions. La situation de l’emploi et les statistiques s’y rapportant souffrent de contestations récurrentes et de contradictions permanentes

La population active : elle comprend toutes les personnes qui, durant une période de référence donnée, ont un travail ou sont au chômage. Cela représente la main d’œuvre potentielle d’un pays.

L’emploi : dans le sens du marché, il s’agit d’une offre de travail émanant des entreprises ou d’une demande de travail de la part d’individus. Les « personnes pourvues d’un emploi » sont celles qui, étant en âge de travailler et ce, durant une période de référence spécifique, sont en situation d’emploi salarié (salaire ou traitement en espèce ou en nature) ou non salarié. L’emploi non salarié concerne par exemple des personnes qui ont travaillé en vue d’un gain ou d’un bénéfice familial ou qui ont une entreprise, mais n’étant pas au travail. (OIT, Conférence internationale des statisticiens du travail, Genève 1982)

Le chômage : il traduit un déséquilibre entre la demande (provenant des employeurs) et l’offre (provenant des travailleurs) d’emploi. A l’échelle de l’individu, cela concerne les personnes en âge légal de travailler. Il traduit, durant une période de référence, la situation d’une personne sans travail (et n’ayant pas travaillé une heure au cours des sept derniers jours précédent le jour de l’interview ou de l’enquête), disponible pour travailler (dans les 15 jours prochains) et en recherche d’emploi. L’ANSD avait établi le nombre de chômeurs à 460.734 personnes en 2011, soit un taux de chômage de 10,2%. Dans le contexte marché du travail sénégalais qui reste inorganisé, il nous semble que la situation de recherche d’emploi rentre difficilement en compte puisqu’il n’existe pas d’organisme en charge d’enregistrer à l’échelle nationale, les offres d’emplois par les travailleurs.

Le sous-emploi : c’est une situation où « la durée ou la productivité de l’emploi d’une personne sont inadéquates par rapport à un autre emploi possible que cette personne est disposée à occuper et capable de faire. » (OIT, Rapport de la Seizième conférence internationale des statisticiens du travail, Genève, 1998). Le sous-emploi se présente sous deux formes :

  • le sous-emploi visible, caractérisé par un nombre d’heures de travail insuffisant, reflétant une durée du temps de travail inadéquate ;
  • le sous-emploi invisible, caractérisé par un revenu horaire insuffisant, un mauvais emploi des compétences professionnelles, etc. traduisant une inadéquation de la productivité du travail.

En choisissant de parler de taux de chômage plutôt que de sous-emploi, le gouvernement pose un acte de communication en s’appuyant sur des chiffres qui donnent une perception minorée de la gravité de la situation. Ce taux de 10,2% (estimé en 2014 à 13%) semble incompréhensible aux yeux d’une population dont la perception empirique, basée sur leur vécu quotidien, est en contradiction avec ces chiffres. Un système d’information de l’emploi plus fiable permettra de concilier ces deux perceptions.

Par ailleurs, la politique d’emploi banlieue qui a prévalu pendant ces dernières années au Sénégal présente des défauts génétiques, en ce sens que la réalité des banlieues occidentales (et plus spécifiquement française puisque la réflexion nationale s’en inspire) ne reflète pas notre réalité sociogéographique. La précarité et le chômage ne sont pas des spécificités banlieusardes dans notre pays. La problématique de l’emploi au Sénégal ne s’explique pas par une approche sociogéographique qui exclurait une partie de la population, sous prétexte qu’elle habite en « banlieue », étant acquis que le chômage dans les centres urbains aurait une explication différente. Bien au contraire, cette approche marginalisante contribuera à créer structurellement des problèmes qui au départ n’existaient pas. Nous sommes plutôt en face de déficits de planification, d’absence de vision et d’un défaut de leadership qui porte une vraie politique d’emploi. Les gouvernements successifs n’ont jamais réellement fait de l’emploi, leur priorité, ou du moins, au-delà des mots.

LES PROPOSITIONS DU CLUB UPSILON

Pour faire face à cette problématique du chômage, il semble nécessaire de mener une réflexion globale sur les certaines orientations qui conditionnement directement l’emploi au Sénégal, notamment dans sa gouvernance et en matière de formation.

Des choix sont ensuite proposés pour cibler des secteurs offrant des potentialités certaines en matière de création d’emplois  au Sénégal

REDÉFINIR LES ORIENTATIONS

Avant de se lancer dans des projets de création d’emploi, des réflexions préalables devront être menées pour s’accorder sur le pilotage des politiques de l’emploi ainsi que sur lien entre la formation et l’emploi.

 

REDÉFINIR LES ORIENTATIONS

Avant de se lancer dans des projets de création d’emploi, des réflexions préalables devront être menées pour s’accorder sur le pilotage des politiques de l’emploi ainsi que sur lien entre la formation et l’emploi.

Avant de se lancer dans des projets de création d’emploi, des réflexions préalables devront être menées pour s’accorder sur le pilotage des politiques de l’emploi ainsi que sur lien entre la formation et l’emploi.

La gouvernance de l’emploi

Consultation

Aujourd’hui, la gouvernance de l’emploi revient à plusieurs départements ministériels dont les actions s’entrechoquent, se chevauchent, et même se contredisent quelque fois. Il devient ainsi difficile d’avoir un son audible sans une clarification nette des attributions de chaque ministère. Il nous semble dès lors opportun, de revoir la structure gouvernementale pour opérer des fusions, des regroupements ou des suppressions qui permettront de mieux définir les responsabilités et donc de mieux administrer les politiques d’emploi.

Le chef de l’État, premier maître à bord, a la responsabilité des objectifs et des grandes orientations. Ses engagements devaient d’ailleurs, assez logiquement, préfigurer dans son programme de candidat (remis à jour une fois élu). Ils sont ensuite repris par le premier ministre (dans son discours de politique générale par exemple) et dans les feuilles de routes des ministres. Les différents ministères, suivant leur champ de compétence, mettent à leur tour en application, ces orientations qu’ils transformeront en programmes stratégiques.

Dans le gouvernement actuel, le ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne a, entre autres attributions, la coordination des politiques gouvernementales en matière d’emploi. Il est également chargé de la mise en œuvre de stratégies et de programmes de création d’emplois. Ce rôle de planification (différent de la coordination) semble difficile à assumer puisqu’il ne dispose pas des attributions fonctionnelles et budgétaires pour planifier la création d’emplois dans les autres ministères souverains. La création d’emplois est une mission qui, dans la réalité des faits, relève des attributions de la quasi-totalité des ministères suivant leur domaine d’activité, ceci à des niveaux certes différents. Confier donc à un ministère, la charge de mettre en place des stratégies et des programmes de création d’emplois, n’est pas opérant puisqu’il empiète sur des responsabilités déjà attribuées. Ce ministère ne semble donc pas indispensable, du moins pour ce qui relève de ses attributions liées à création même d’emplois.

Il est nécessaire bien entendu, de mener un travail de coordination des politiques publiques d’emploi. Cela peut toutefois se faire à l’échelle d’une agence, d’un secrétariat d’État ou d’un ministère dont les attributions seront recentrées autour de l’emploi et du travail pour une meilleure cohérence. Cette coordination réunira de façon périodique et thématique, les acteurs concernés au rang desquels figureront naturellement les ministres en charge des finances et du budget. Les collectivités locales représentent également des acteurs incontournables de ce dispositif. Leur rôle est fondamental car il reviendra aux élus de cette échelle, de traduire localement les politiques publiques d’emplois dans leur stratégie de dynamisation de leur territoire. Le gouvernement a donc tout intérêt à réévaluer les compétences des élus locaux pour leur permettre de se saisir des opportunités créées par l’État pour développer leurs territoires et y impulser la création d’emplois.

Par ailleurs, pour que les enjeux de l’emploi soient mieux compris, il est incontournable de valider des préalables statistiques et organisationnels. Pour cela, une base de données locale et nationale du marché du travail devra être établie. L’État a prévu la mise en place de Kiosques Emploi couvrant les 45 départements du Sénégal, en lançant en mai 2013 une campagne de recrutement de 100 conseillers. A travers ce dispositif, l’État compte appuyer l’insertion « de plus de 405.000 demandeurs d’emplois dont […] 230.850 dans le secteur de l’agriculture, au sens large.» Ce projet semble intéressant, notamment en termes de constitution d’une base de données fiable. Cependant, l’échelle des besoins contraste avec les moyens mis à contribution (1 conseiller pour 4050 demandeurs), ne tenant pas compte des problèmes liés à l’enclavement des zones géographiques ou à l’organisation fonctionnelle qu’impliquent la collecte et le traitement des données et l’accompagnement efficace des offreurs d’emploi. Il nous est avis, que la commune constitue le niveau le plus cohérent pour mener à bien cette tâche. Elle offre l’avantage de la proximité, et donc, de la connaissance du contexte local. Un système d’information de l’emploi unique pourra être mis en place. Les données collectées à l’échelle communale pourront ainsi être mises à la disposition des départements ou des régions qui les agrégeront et les interpréteront pour un traitement national.

Il faut remarquer que pour assurer la fiabilité des données, il est important de pouvoir individualiser chaque citoyen. Aussi, chaque sénégalais devra disposer d’un numéro d’identification unique dès sa naissance. Celui-ci sera utilisé dans toutes ses interactions avec l’administration (accès aux soins, à la scolarité, aux prestations sociales,…), mais figurera également sur ses documents administratifs (extrait de naissance, carte d’identité nationale, carte grise, permis de conduire, carte d’électeur, etc.). Ce numéro unique aura l’avantage d’éviter les redondances, pour garantir la fiabilité des fichiers. Il ne sera par exemple pas possible avec un tel système, de s’inscrire auprès de plusieurs communes à la fois.

Dans ce même mouvement d’identification des acteurs par les collectivités locales, l’enregistrement de tous les artisans – avec ou sans raison sociale référencée – devrait être effectué au niveau de leur commune d’exercice, ce qui permettra de dégager des tendances typologiques et donc de mener des politiques sectorielles mieux adaptées.

La rationalisation des structures en charge de l’emploi pour faire place à L’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) s’inscrit dans une bonne dynamique. Cependant, même si notre pays se caractérise par la jeunesse de sa main d’œuvre, cette agence devrait, au-delà des jeunes, gérer l’ensemble des demandeurs d’emploi confrontés globalement aux mêmes situations. Elle pourra jouer un rôle dans la centralisation des offres d’emploi et leur diffusion, l’accompagnement des chômeurs de tous âges tant en matière de reconversion, de formation, de gestion de candidature que d’informations sur les droits sociaux liés au chômage. La réussite de cette agence sera assimilée à sa notoriété et à la légitimité qui lui sera reconnue par les demandeurs d’emplois qui verront en elle, une plateforme d’offre d’emplois et de services associés. Grâce à un système d’information de l’emploi efficace, les offres pourront être connues en temps réel et une typologie des différentes références sera disponible pour servir les politiques d’emploi et de formation.

Le savoir-faire de la chambre des métiers devra être mis à profit, en lien avec cette agence, pour promouvoir les compétences opérationnelles, ce qui constitue la clé de l’insertion professionnelle. Cette articulation nécessite une restructuration en intégrant dans la réflexion, tous les organismes dédiés à la formation et à l’emploi comme l’Office National de Formation Professionnelle (ONFP), le Centre National de Qualification Professionnelle (CNQP),….

L’emploi indissociable de la formation

Couple Emploi FormationIl n’est pas cohérent de parler de création massive d’emploi sans intégrer la dimension formation. Cela constitue une des grandes lacunes des projets actuels. Ces deux aspects sont intrinsèquement liés. Aussi, si le gouvernement évoque des emplois massifs dans le domaine agroindustriel, il ne peut faire l’économie d’un programme de formation adapté pour rendre la main d’œuvre opérationnelle. Ce domaine ainsi que celui des BTP, définis comme des secteurs à haute intensité de main d’œuvre, sous-entendent bien souvent des emplois non qualifiés. La formation demeure toutefois incontournable pour garantir l’opérationnalité des acteurs, mais aussi tirer une plus grande plus-value de chaque employé et donc de chaque secteur. La formation servira aussi à assurer une reconversion éventuelle en fin de saison ou de chantier.

Les propositions relatives à la formation qui figurent dans le PSE reflètent, non pas une stratégie au service de la réalisation d’objectifs spécifiques à l’emploi, mais des opérations classiques dans la lignée des actions traditionnellement entreprises par l’État. Les choix du PSE dans ce domaine sont donc biaisés par des objectifs imprécis et insuffisamment définis en matière d’emploi. D’un point de vue méthodologique, il était nécessaire de définir les besoins en ressources humaines pour réaliser le PSE, lesquels besoins permettraient, une fois cernés, de mieux établir les solutions (de formation notamment) pour atteindre ces objectifs.

D’une manière générale, la stratégie gagnante du gouvernement en matière de formation est d’identifier les secteurs pourvoyeurs d’emplois à court et moyen terme afin de connaître les profils dont le marché aura besoin. La professionnalisation des formations ne devrait pas être l’apanage des écoles privées ou une politique publique  marginale qui s’adresse uniquement aux formations techniques ou à des professions intermédiaires. Elle devrait s’inscrire dans toute notre politique éducative pour produire, quelque soit le domaine, des étudiants dotés de savoir-faire, adaptables, capables de gérer des projets, de préparer des budgets, de manager des équipes,… en plus de leurs connaissances liées à l’objet de leur étude. L’échec de l’Opération Maîtrisards, portée par la SONAGA (Société Nationale de Garantie, d’Assurance et de Crédit) en 1983/84, qui avait pour but d’insérer les diplômés de l’enseignement supérieur dans le tissu économique, trouve pour partie, son explication dans ces lacunes. Il ne va pas de soi d’être entrepreneur et beaucoup l’ont appris à leur dépends. En la matière, la formation n’est pas superflue.

Comme chaque gouvernement, le dernier en date ne fait pas exception et compte son ministre de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat. La formation professionnelle reste malgré ces intentions, une voie marginale réservée aux élèves en situation d’échec ou en sur-âge. Ce constat de faillite devrait nous inciter à revoir notre politique vis-à-vis de la formation professionnalisante. Les élèves qui font le choix de cette voie ne sont pas des élèves à part. Cette possibilité devrait être offerte à chaque apprenant, en lui permettant de se découvrir pour mieux s’orienter professionnellement.

Nos gouvernements successifs sont partagés entre deux tendances qui les poussent à réinventer la roue ou à se nourrir de ce qui se fait à l’extérieur pour construire le local. Le Sénégal pratique depuis plusieurs décennies déjà, son modèle traditionnel d’apprentissage plus connu sous le nom de « yendou atelier » (i.e. passer sa journée à l’atelier d’artisan). Par cette voie, des tailleurs, menuisiers, boutiquiers, mécaniciens, etc. ont formé des générations de professionnels. L’intelligence voudrait que ce modèle soit intégré au système éducatif officiel, ce qui aura le double avantage de confronter les élèves directement à la réalité professionnelle tout en valorisant des artisans, passeurs de savoirs. Le directeur de l’apprentissage annonçait le 19 août 2014 à Ziguinchor, le recrutement de 10.000 apprentis à l’horizon 2016. L’avenir nous édifiera davantage sur les orientations pratiques et les avancées en matière de dé-stigmatisation de cette filière. La formation continue ne devrait pas être un choix par défaut devant le plébiscite de la formation initiale. C’est une solution complémentaire qui permet d’être opérationnel tout en continuant de se former pendant tout le parcours professionnel. Le succès de ce modèle est confirmé par la santé d’un pays comme la Suisse où la majorité des employés passe par ce système d’apprentissage.

Le Sénégal devra à coup sûr s’atteler à une véritable réforme de sa politique de formation dans son ensemble, dont la finalité sera de développer l’employabilité des apprenants et des chômeurs. Les produits issus de notre système de formation (initiale ou continue), quelque soit leur domaine d’activité, devront être profilés pour répondre aux besoins des marchés existants ou à créer. Il s’agira de rompre avec une pratique qui privilégie le savoir pour mettre la formation au service de tous les savoirs (savoir, savoir-être et savoir-faire) autrement dit, de l’emploi et de la citoyenneté active. Toutes les parties de la population devront être prises en compte dans cette nouvelle orientation, les jeunes, les séniors, les femmes, les personnes vivant avec un handicap, les analphabètes, etc. Des bourses d’innovation ainsi qu’un programme de soutien à la R&D (Recherche et Développement) permettront de faire des sauts technologiques qui nous affranchiront de certaines étapes tout en renforçant la compétitivité du pays sur l’échiquier international.

Il ne va pas de soi, d’être un chef d’entreprise, un manager, un gestionnaire, un technicien agricole, etc. Pour réussir donc à créer les 500.000 emplois promis, le gouvernement doit nécessairement accompagner sa stratégie d’une politique de formation en conséquence. A ce propos, 46% des jeunes demandeurs d’emplois n’ont reçu aucune formation. Comment pourront-ils inventer leur opérationnalité ? C’est d’ailleurs, une des grosses lacunes que dénonce le Club Upsilon dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) qui ne prend pas en compte de façon spécifique, la dimension emploi. Le Président de la République avait lui-même avoué devant la presse internationale, dans le cadre du groupe consultatif de Paris en février 2014,  ne pas savoir combien d’emplois allaient générer le PSE. Cette affirmation n’est pas de nature à rassurer sur le niveau de maîtrise de la planification.

Pour illustrer l’importance des ressources humaines adaptées à chaque projet, la création de restaurants nous servira de prétexte. L’idée de départ est intéressante a priori. Encore faudrait-il disposer de la main d’œuvre qualifiée et suffisante pour exploiter ces établissements. Et cette question, ce n’est pas une fois la construction terminée qu’on se la pose. Appliqué à l’agriculture par exemple, le même raisonnement entraîne les mêmes conclusions. On ne crée pas des milliers d’emplois agricoles en transformant à coups de baguette magique, des maçons en agriculteurs. Il reste entendu que la volonté politique et la vision du chef de l’État seront les meilleurs gages pour concrétiser cette ambition.

Il existe dans l’économie sénégalaise, de nombreux secteurs pourvoyeurs d’emplois. Certains nichent dans les secteurs classiques et ont besoin de réformes idéologiques et structurelles pour être mis à profit ; d’autres sont à créer à travers la stimulation des innovations. Le travail de base consiste à identifier l’ensemble de ce potentiel pour sortir le Sénégal de cette situation de chômage et de sous-emploi.

PROPOSITIONS SECTORIELLES

En réponse au problème du chômage qui gangrène le Sénégal, le Club Upsilon propose quelques orientations qui permettront de créer massivement des emplois. Nous avons fait le choix de cibler quelques secteurs qui sont à ce jour mal exploités, quelques fois sous-exploités voire complètement ignorés.

(L’intégralité du document est disponible sur demande à travers le site internet du Club Upsilon)

 

Ensemble, réinventons le Sénégal© !

 

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